La consommation responsable c'est, lorsque chacun d'entre nous le peut, faire un acte d'achat différent de celui du commerce conventionnel, le faire certes mais dans un rapport de confiance et de connaissance des mécanismes du commerce équitable. Ce qui nous intéresse nous consommateurs c'est de connaître la manière dont le prix de vente est calculé pour les boutiques d'Artisans du monde, les différentes marges entre tous les acteurs de notre filière intégrée et surtout quelle est la part du prix final qui revient au producteur.

Le prix équitable résulte d'une négociation, entre notre centrale d'achat et la coopérative de production, dans laquelle l'organisation de commerce équitable des producteurs est toujours à l'initiative du prix demandé. Nous importons soit des produits finis , soit des matières premières qui vont être transformées. L'élaboration du prix sera différente en fonction du type de produits et du nombre d'intervenants.

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Comment à posteriori décomposer un prix et identifier ce qui revient au producteur* ?
Cette décomposition est un outil intéressant mais incomplet et trompeur !
- La comparaison des prix entre le commerce conventionnel et le commerce équitable doit se faire en valeur absolu et par unité produite pour tenir compte des volumes vendus bien différents entre grande surface et boutique spécialisée (ADM).
- Les acteurs du commerce conventionnel ne donnent guère accès à leurs données et manquent cruellement de transparence.
- Le prix FOB (Free on Board) est le prix payé aux organisations exportatrices des producteurs par notre centrale d'achat (Solidar' Monde) et permet seulement d'identifier la répartition de la valeur ajouté qui est générée au Sud et au Nord, mais pas la part du prix de vente qui revient aux petits producteurs.
Ce prix FOB comprend : Les coûts de production du produit, la rémunération des petits producteurs, les taxes du pays exportateur, le transport du lieu de production au port d'embarquement, la marge bénéficiaire nécessaire de l'organisation exportatrice pour investir et se développer et également pour financer des projets collectifs à caractère social.
- Les taux de change entre la devise (€ ou $) et la monnaie locale peut fluctuer entre le paiement de l'acheteur au prix FOB et le versement aux producteurs.
- « Alors lorsque j'achète mon paquet de café ou une étole à la boutique, rien ne revient au producteur ! »
C'est vrai car cela fait bien longtemps que le producteur a été payé :
- Grâce au préfinancement à la commande
- Grâce au prix minima garantis internationalement sur l'alimentaire, suite à la négociation.
- Grâce à la négociation directe avec les coopératives pour l'artisanat.

C'est la relation commerciale durable, juste et équitable (et non une quelconque charité) qui permet aux producteurs défavorisés d'être payés avant d'avoir vendu ! A contrario le commerce conventionnel ne fonctionne pas sur cette base (paiement à terme, pas de financement de projet collectif, coûts de production tirés par le bas par pression sur les salaires,et les conditions de travail et de sécurité dans l'entreprise).
La décomposition des prix (pourcentage payé au producteurs et aux organisations de producteurs) est un élément d'analyse de la filière a posteriori et non un outil de fixation des marges et des rémunérations.

A travers cet acte d'achat citoyen et responsable, auquel on croit, on choisit un mode de consommation et un modèle de commerce alternatif.

* Nous identifierons dans notre prochain Infolettre, à partir d'exemple concret de produits ADM, la part de la rémunération qui revient aux petits producteurs.