u point de vue du producteur !
Alors on peut raisonnablement penser que tout travailleur aspire de part son travail à :
- Vivre décemment,
- Envoyer un peu d'argent à ses proches,
- Offrir une meilleure vie à ses enfants.
Il n'en est rien pour nombre d'entre-eux car le salaire minimum légal est insuffisant. Les raisons sont multiples et l'industrie textile asiatique est un exemple significatif.


Selon l'OIT, les cinq dimensions du travail décent qui implique un salaire décent qui dépasserait le simple salaire vital sont :
- Exercer un travail productif convenablement payé,
- Assortir ce travail de conditions de sécurité sur le lieu même où il s'exerce,
- Faire bénéficier d'une protection sociale le travailleur et sa famille,
- Permettre au travailleur de s'insérer dans la société et de s'épanouir, d'obtenir la liberté syndicale et de prendre part aux décisions qui auront des conséquences sur son existence.
- L'égalité des chances et de traitement pour les hommes et les femmes sans discrimination des genres.

Du point de vue du consommateur!
Alors le prix juste ou équitable d'un produit est calculé/choisi par le producteur, généralement en:
- Additionnant le coût de revient (production du produit : matières premières; les heures travaillées; les coûts fixes), plus une marge pour couvrir les besoins fondamentaux (du producteur et de sa famille), plus une marge pour investir ou épargner, plus enfin un revenu discrétionnaire.
Néanmoins, il est très difficile de donner un prix par produit parce que ce «prix juste» par définition s'adapte aux réalités du pays de production et du moment auquel il est fabriqué. Il s'agit d'en avoir une vision vivante et dynamique à l'opposé d'une vision fixe et figée.
Cette différence de vision entre le commerce équitable et le commerce conventionnel est fondamentale. C'est la logique de calcul du prix plutôt que le prix lui même qui rend le consommateur responsable.


Dans le modèle dominant, les études de marché et de «benchmarking» - analyse continue des pratiques de concurrence dans un secteur donné - permettent d'établir un prix de vente, puis dans un second temps de rémunérer le producteur/ salaire ouvrier. A contrario, dans le Commerce Equitable, le calcul du prix de vente se construit d'abord avec comme base le prix payé au producteur.
C'est une divergence irréductible de vision et de pratique.

 

Le prix juste ou équitable payé aux producteurs (trices) permet-il de dégager un salaire vital et donc de vivre décemment ?

Une enquête menée par Artisans du Monde, dans le cadre de l'organisation des importateurs européens (EFTA), sur des produits de 24 organisations partenaires en filière directe concernant l'artisanat a donné des résultats contrastés. La méthode utilisée est celle mise au point par des économistes de la Banque Mondiale et permet de déterminer une parité de pouvoir d'achat entre différents pays.

- Un point fort: Pour plus des 3/4 des produits analysés, les rémunérations des producteurs sont supérieures au salaire minimum légal – dont 88% d'entre elles sont supérieures à 10%. 
- Un point critique: Pour 1/4 des produits analysés, la rémunération des producteurs n'atteint pas le salaire minimum légal!
- Un point d'amélioration: Les exigences de la WFTO ( Organisation Mondiale du C.E) à laquelle nous sommes adhérents, devraient nous inciter à faire un effort supplémentaire pour les 2/3 des produits étudiés.
- Une nuance de taille: Les résultats chiffrés pour les prix et les salaires n'ont pas pris en compte l'apport des bénéfices sociaux offert aux organisations de producteurs.
- Une mise en perspective: Même si parfois la filière du C.E ne permet pas d'atteindre le salaire minimum vital, alors on peut penser que pour l'immense majorité des travailleurs du pays concerné, c'est pire!

L'identification des niveaux de salaire de référence:

- Le salaire minimum légal de la responsabilité du pays de production,
Le salaire vital, qui s'appuie sur les recommandations de l'OIT, reste un objectif pour les ONG,
Le prix juste et le salaire équitable, convenus après dialogue et concertation et qui permettent une production socialement juste et respectueuse de l'environnement, demeurent plus que jamais l'objectif des organisations de C.E, telles Artisans du Monde, nous permet de passer d'une impression, d'un ressenti à des données quantitatives. La généralisation du travail accompli ne peut pas encore se faire. Il s'agit d'une photographie à un instant donné qui permet de mesurer le chemin qui reste à accomplir.

Regardez notre vidéo qui illustre parfaitement notre article

OIT