1901Plaidoyer1Nous publions l’essentiel du communiqué paru dans une publication Ouest-France à l’initiative d’Artisans du Monde Rennes et signé par le collectif Vigilance solidarités 35 qui regroupe plusieurs associations d’Ille-et-Vilaine.

« Alors que nous avons fêté la solidarité internationale (Festisol) chacun peut s’interroger sur les relations de notre pays avec les pays du Sud, spécialement avec l’Afrique. Le député des Côtes-d’Armor Hervé Berville (LREM), a rédigé, à la demande du Président de la République et du Premier ministre, un rapport sur la modernisation de la politique d’aide au développement qu’il a intitulé :

« Un Monde Commun, Un Avenir pour Chacun ».

 

Le gouvernement affiche de grandes ambitions, voulant faire passer ce budget de 0,38 % du revenu national brut en 2016, à 0,55 % en 2022. Soit une hausse « de 5 à 6 milliards d'euros », calcule Hervé Berville. Les efforts de la France devraient se concentrer sur l'Afrique, « notamment au Sahel, là où les défis sont les plus importants »

Le collectif partage son constat sur les insuffisances des politiques précédentes d’aide au développement, et sur la nécessité d’une démarche de partenariat ».

Le collectif écrit « Nous ne pouvons pas imposer notre modèle de développement, qui n’est pas supportable pour la planète, aux pays pauvres et le collectif invite à changer nos comportements ».


Notre modèle de développement n’est pas supportable par la planète.

1901Plaidoyer2Nous sommes convaincus que les pays pauvres, plus que de l’aide, ont besoin en priorité que nous arrêtions de leur imposer des règles d’échanges, qui sont quasi exclusivement pensées pour notre propre croissance, sans réelle considération des conséquences pour eux. Peut-on réellement accompagner les pays du Sud si l’Europe impose une libéralisation des échanges, à travers notamment des accords commerciaux ?


Nous savons bien que notre modèle de développement n’est pas supportable par la planète. Ne l’imposons pas aux pays pauvres alors qu’il doit aussi être repensé chez nous. Notre agro-industrie condamne l’agriculture familiale au détriment des conséquences sur l’écologie, sur la qualité des produits et sur l’emploi (les paysans sont plus de 50 % de la population en Afrique). Notre croissance continue de la consommation et du gaspillage ne peut être soutenable ni généralisable dans un monde avec des ressources limitées (ressources fossiles, terres…). Les pays dits développés sont les principaux responsables du changement climatique, mais la désertification, la montée des eaux, la pollution vont affecter en premier les pays du Sud.

 

« Laisser un monde vivable à nos enfants »

Si nous voulons éviter un monde de plus en plus injuste et conflictuel, il est temps d’évoluer : de changer nos réglementations, nos politiques publiques, nos relations avec les pays pauvres, de modifier nos comportements.

Ce n’est pas un appel à renoncer à mieux vivre mais à vivre différemment pour laisser un monde vivable à nos enfants. »