EtatGeneraux

La plate-forme qui s’est constituée à l’occasion de ces EGA rassemble plus d’une cinquantaine d’organisations de la société civile: acteurs économiques venant du monde agricole, de la pêche ou du commerce équitable, acteurs scientifiques, acteurs citoyens issus de la consommation responsable, de l'action sociale, de la santé humaine, du bien-être animal, de la protection de l'environnement et du climat, du monde étudiant et de la solidarité internationale.

 

Concernant les plans de filière annoncés par le président de la République lors de son discours de Rungis, la Plateforme citoyenne déplore la déconnexion entre leur élaboration par les interprofessions et les conclusions de la seconde phase des EGA. 
Elle demande à ce que ces plans de filière répondent aux conclusions des ateliers des EGA et qu’une phase de consultation avec la société civile ait lieu avant leur approbation.

 

Le rôle de la Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire est de proposer des solutions fédératrices, qui permettent de s’engager dans une réelle transition, qui tiennent compte du changement climatique déjà à l’œuvre et dont les conséquences seront dramatiques pour toutes les populations et notre planète terre.

 

Les propositions s’articulent autour de sept thématiques :


- L’amélioration du métier de paysan avec un droit au « revenu paysan »
- Une filière agroalimentaire qui préserve la santé.
Mise en place d’une allocation de moyens pour une conversion de la chaine de restauration collective qui permettrait d’introduire 30% de produits Bio en 2022, d’intégrer des produits issus du commerce équitable, de diversifier les sources de protéines et de mettre en place une alternative végétarienne quotidienne.
La réglementation des nouveaux OGM.
- La préservation des terres agricoles. La programmation de la fin de la contamination chimique de l’alimentation et la mise en place d’un plan d’action pour la sortie des pesticides et du glyphosate en 3 ans avec des moyens réglementaires, financiers et fiscaux. Une réforme de la politique agricole de l’eau par des mesures de prévention des pollutions agricoles et l’application du principe pollueur-payeur.
- Une gouvernance citoyenne et transparente : Améliorer la composition nutritionnelle des aliments. Améliorer l’information des consommateurs sur l’étiquetage des modes de production ainsi que sur la composition exacte des produits. Dire la vérité sur les rémunérations des producteurs. L’ouverture de la gouvernance des SAFER et des chambres d’agricultures aux organisations de la société civile.
- Un financement ambitieux d’un modèle agricole relocalisé pour la création d’emploi, pour l’autonomie en protéines végétales en France, pour la diminution des engrais et pour lutter contre l’importation de produits issus de la déforestation.
- Des engagements forts pour faire évoluer les standards de bien-être animal et favoriser les modes d’élevages plus respectueux du bien-être animal, comme l’interdiction de la production d’œufs de poules élevées en cages.
- Une cohérence des politiques nationales et internationales : Un plan Bio ambitieux pour atteindre 20% de la surface agricole utile en 2022 et la mise en œuvre des paiements pour services environnementaux. Une politique publique pour l’aide au développement en fléchant 50% des aides vers l’agro-écologie et les agricultures familiales.

 

L'enjeu crucial est de parvenir à des mesures nationales qui permettront d'engager une transition agroécologique et de tendre vers une préservation des ressources. "Si le gouvernement échouait à enclencher un véritable changement de modèle et une juste répartition de la valeur, ces Etats généraux seraient considérés comme un échec", mettent en garde les associations de la plate forme.

Nicolas Hulot a brillé par son absence lors des conclusions des Etats Généraux de l’agriculture et de l’alimentation le 21 décembre, est-ce à dire comme il l’affirme dans l’édition du Monde de la veille que « le compte n’y est pas » et «  que la situation doit se clarifier » ? Quoi qu’il en soit, c’est maintenant aux citoyens et citoyennes de s’en mêler.

(extraits de : ADM, Le Canard enchaîné, le Monde, www.actu-environnement.com)