Nous « biobananerait-on » ?

Imagine-t-on possible des bananeraies « bio » régulièrement aspergées de dérivés pétroliers largués par avion ?

Eh bien Oui c’est possible !!!

1704BananeraieLa pellicule d’huile parafinique recouvre l’arbre et étouffe le champignon microscopique responsable de la cercosporiose, une maladie qui fait pourrir le bananier par les feuilles. Cette méthode est autorisée pour tous les producteurs de banane « bio » d’Amérique latine mais elle est strictement interdite en France en agriculture bio et tolérée pour la banane conventionnelle mais sans épandage. Il y a cinq ans devant l’interdiction de Bruxelles, les producteurs antillais ont vendu leurs avions et les planteurs bio de la République de Saint Domingue les ont achetés, car ils ne sont pas concernés par l’oukase bruxellois.

Tout cela à cause du « Principe d’équivalence » qui permet à tout pays hors UE de nous vendre des produits bio « bas de gamme » comparés aux critères imposés par Bruxelles.

C’est ainsi que St Domingue a le droit d’apposer le label AB sur ses bananes qui comporte 14 substances interdites aux bananes conventionnelles qui poussent dans les pays de l’UE !!!

En quelques années, la république dominicaine est devenue le 1er exportateur mondial de bananes et c’est tout bénéfices, car elles sont vendues 25 % plus cher.

Les français demandent la suppression du « principe d’équivalence » … mais les Allemands qui sont le 1er importateur de bio en Europe ne l’entendent pas ainsi car leurs distributeurs ont beaucoup d’argent à perdre. D’autant plus que ce principe ne touche pas que la banane mais aussi l’ensemble des cultures tropicales biologiques sur sol européen.

Le Canard enchainé, N°5029, du 15 mars 2017, rubrique conflit de canard,